1. Principes directeurs et bonnes pratiques

Les présentes lignes directrices sont fondées sur six principes directeurs guidant une utilisation éthique et responsable des médias sociaux en santé (voir Tableau).

Principes directeurs pour une utilisation éthique et responsable des médias sociaux en santé

1. Utiliser les TIC et les médias sociaux de manière responsable afin d’agir de façon efficiente, diligente et prudente

2. Assurer la protection des renseignements personnels des patients, des proches, des enseignants et des étudiants

3. Respecter une distance optimale dans la relation thérapeutique avec les patients et leurs proches

4. Être responsable de son image en ligne et de son influence sur sa profession ainsi que sur son établissement d’étude ou d’emploi

 5. Assurer une présence en ligne informée et basée sur les données probantes

6.  Reconnaître les conflits d’intérêt et influences indues pouvant survenir à travers l’emploi des médias sociaux (sollicitation, liens commerciaux)

Chacun de ces principes peut être facilement opérationnalisé grâce à des exemples concrets de bonnes pratiques. Les articles des codes de déontologie des professionnels de la santé québécois se rapportant à chacun des principes directeurs et des bonnes pratiques sont présentés à l’Annexe 1 de la version longue du rapport.

Principe directeur no 1

Utiliser les TIC et les médias sociaux de manière responsable afin d’agir de façon efficiente, diligente et prudente

Concept clé: Responsabilité

L’utilisation des TIC et des médias sociaux présente de nombreux avantages pour les professionnels de la santé : rejoindre très rapidement un public extrêmement large, renforcer les relations professionnelles, diffuser des messages d’intérêt public, etc. Certains risques découlent toutefois de ces avantages, dont le caractère permanent et public de toute l’information publiée sur les médias sociaux.

Bonnes pratiques

  • Prendre conscience des raisons qui motivent l’utilisation des médias sociaux avant de les employer.
  • Évaluer et déterminer quels sont les médias sociaux les plus appropriés pour atteindre le but et les objectifs qui motivent leur emploi.
  • Connaître les paramètres de confidentialité des médias sociaux, les comprendre et les ajuster selon le public que l’on souhaite cibler.
    • Toujours garder en tête que, peu importe les réglages des paramètres de confidentialité, les publications sur les sites des médias sociaux restent de nature publique.
  • Utiliser des mots de passe complexes, difficiles à deviner et les modifier fréquemment.
  • Tenir compte du caractère permanent de tout ce qui est affiché sur les médias sociaux avant de prendre la décision de publier.
  • Fermer les sessions ou éteindre l’ordinateur dès la fin de la période d’utilisation.
  • Surveiller régulièrement si son nom apparaît lors de l’emploi de moteurs de recherche (ex : Google) et examiner le contenu qui s’y affiche.

Principe directeur no 2

Assurer la protection des renseignements personnels des patients, des proches, des enseignants et des étudiants

Concept clé : Confidentialité

Les utilisateurs des médias sociaux ont la responsabilité légale et éthique de protéger et de maintenir la confidentialité des patients. Les renseignements obtenus dans le cadre de l’exercice des fonctions professionnelles, que ce soit, entre autres, dans un contexte de stage, d’internat ou d’externat se doivent d’être utilisés uniquement à l’intérieur du contexte thérapeutique établi avec le patient.

Bonnes pratiques

  • Ne publier aucun renseignement qui permettrait d’identifier un patient (ou toute autre personne) sans l’accord libre et éclairé du principal intéressé.
    • Les photographies, vidéos et enregistrements sonores ne peuvent pas être publiés sans l’accord libre, manifeste et éclairé du patient.
    • Ne pas faire mention du nom d’un patient n’est aucunement un gage de respect de la confidentialité. Toute information (ex : un diagnostic ou un symptôme inusité) qui permettrait l’identification de la personne en question ne peut être publiée.
  • Intervenir si on constate qu’un collègue divulgue des informations confidentielles.

Principe directeur no 3

Respecter une distance optimale dans la relation thérapeutique avec les patients et leurs proches

Concept clé: Indépendance

Les utilisateurs des médias sociaux ont le devoir de toujours assurer leur indépendance professionnelle vis-à-vis leurs patients et veiller au maintien d’une relation thérapeutique dans un cadre clinique. Les médias sociaux peuvent avoir un impact sur les relations entre les deux acteurs (ex : le professeur et l’étudiant, le professionnel et le patient) pouvant donner l’impression de proximité exagérée et influencer des enjeux de pouvoir dans ces relations.

Bonnes pratiques

  • Ajuster les paramètres de confidentialité des médias sociaux afin de restreindre l’accès au contenu publié aux personnes désirées seulement (ex: famille, amis).
  • Ne pas initier de contact avec un patient ou ses proches sur les médias sociaux. Un contact avec un patient ou ses proches par l’entremise de médias sociaux est associé aux risques suivants :
    • Exposer ses propres renseignements personnels (ex: adresse, numéro de téléphone, etc.)
    • Laisser croire que le professionnel souhaite passer d’une relation professionnelle à une relation amicale ou sentimentale.
    • Perceptions négatives de la part du patient ou de ses proches vis-à-vis du professionnel créant un risque de perte de crédibilité professionnelle.
    • Perceptions de la part du professionnel que le patient l’autorise à divulguer des informations confidentielles.
    • Biaiser la relation thérapeutique; le professionnel pourrait avoir accès à des photos ou à des situations mettant la condition de santé du patient à risque.
    • Bris de la relation professionnelle ou thérapeutique, en particulier si le patient est vulnérable et qu’il risque d’avoir besoin de soins continus.
  • Éviter de discuter sur les médias sociaux de sujets reliés à la santé d’une manière qui pourrait être interprétée comme étant des conseils professionnels.
  • Inviter les personnes demandant un avis professionnel sur les médias sociaux de rencontrer une personne qualifiée dans un contexte réellement clinique
  • Établir de concert avec le patient quel type d’information pourrait être échangé par courriel et utiliser, de préférence, un courriel institutionnel encrypté pour ces communications.

Principe directeur no 4

Être responsable de son image en ligne et de son influence sur sa profession ainsi que sur son institution d’étude ou d’emploi

Concept clé : Réputation et influence

Les étudiants, les enseignants et les membres du personnel non enseignant qui font usage des médias sociaux font face à des enjeux en ce qui a trait à leur image. En plus de leur réputation personnelle, ces usagers pourraient être tenus responsables des retombées de leurs agissements, même en privé, sur l’image de leur profession ainsi que de leur influence sur leur institution d’étude ou d’emploi. Tout ce qui est en ligne doit être considéré comme étant public.

Bonnes pratiques

  • Garder en tête que les publications sur les médias sociaux pourraient être sauvegardées par des tierces personnes et ensuite montrées à un employeur actuel ou futur.
  • Envisager l’opportunité d’avoir une page distincte pour les activités professionnelles versus les activités personnelles.
  • S’identifier clairement en mentionnant son titre professionnel si on fournit des informations sur la santé.
    • Se limiter à son champ d’expertise.
  • Réfléchir aux impacts que les échanges sur les médias sociaux peuvent avoir sur la réputation personnelle et professionnelle en raison d’une diffusion large.
  • Éviter d’exprimer sa frustration par rapport à son rôle professionnel ou par rapport à son employeur par le biais des médias sociaux.
  • Projeter une image professionnelle dans ses publications sur des médias sociaux car celles-ci sont un reflet de l’identité personnelle et professionnelle.
  • Agir avec intégrité et s’assurer que les commentaires publiés sur les médias sociaux sont honnêtes et justes.
  • Demeurer respectueux et porter attention au langage utilisé. Les médias sociaux rendent difficile la distinction entre les commentaires davantage humoristiques versus des commentaires haineux s’apparentant à de la cyber-intimidation.
  • Aviser son collègue si ce dernier publie un message, une photo ou une vidéo allant à l’encontre des normes professionnelles.

Principe directeur no 5

Assurer une présence en ligne informée et basée sur les données probantes 

Concept clé : Rigueur

Il est attendu des étudiants, des enseignants et des membres du personnel non enseignant qui utilisent les médias sociaux que ces personnes, lorsqu’elles désirent partager de l’information ayant trait à leur champ d’expertise, conservent la rigueur attendue du public dans le cadre de l’exercice des fonctions professionnelles.

Bonnes pratiques

  • Partager de l’information factuelle.
  • S’assurer de citer correctement les sources et les auteurs des informations partagées pour respecter le droit d’auteur.
  • Privilégier la publication d’informations d’intérêt général portant sur des grands enjeux actuels.
  • Être conscient des possibilités que l’information partagée puisse être remise en question.

Principe directeur no 6

Reconnaître les conflits d’intérêt et influences indues pouvant survenir à travers l’emploi des médias sociaux (sollicitation, liens commerciaux)

Concepts clés : Conflit d’intérêt 

Les utilisateurs des médias sociaux doivent se questionner sur les formes subtiles que peuvent prendre les conflits d’intérêt, ainsi que sur leurs influences potentielles. Ce qui pourrait sembler être un simple partage d’information sur les médias sociaux peut facilement prendre la forme d’un endossement professionnel, lorsque fait par un étudiant, un enseignant ou un professionnel de la santé. Également, l’information véhiculée sur les médias sociaux n’est pas nécessairement exempte d’influence et doit être évaluée en conséquence.

Bonnes pratiques

  • S’exprimer au nom d’un établissement ou d’une organisation seulement si le professionnel en est dûment mandaté.
    • Utiliser les logos d’établissement ou d’association seulement si l’autorisation a été donnée.
    • Spécifier lors du partage d’opinions en ligne que l’on s’exprime en son nom personnel et non au nom d’un établissement ou association.
  • Mentionner qu’aucune réponse ne sera donnée à des demandes d’informations individualisées.
  • S’assurer d’avoir pris connaissances de toutes les informations pertinentes lorsqu’on fait mention d’un produit ou d’un traitement spécifique.
  • Examiner la possibilité d’un conflit d’intérêt avant d’accepter de s’afficher sur la page d’un média social d’une compagnie ou d’une association.
  • Déclarer d’emblée tout conflit d’intérêt.

Contenu

Préambule

2. Arrêter, réfléchir, publier: Conseils pratiques

Conclusion

Annexe 1: Exemples de situation (vignettes)

Annexe 2: Ressources pour en savoir plus